HOME PAGE

 

 AGENDA     

 

AQUASCOPE   

 

ACCES

CONTACT

 FR

 NL

 EN
 
   
   
   

ETANG

»

Histoire

»

Nature

»

Calendrier Nature

»

Chroniques du Conservateur

»

Plumes naturalistes

»

Protection

 

 

ACTIVITES

»

Visiter l'Aquascope

»

Agenda

»

Expositions

»

Aubes sauvages

»

Visiter la réserve

»

Promenades nature

»

Sentier Contemplatif

»

Animations Scolaires
» Classes Vertes ou Bleues
» Projets d'écoles

»

Stages Nature

»

Formations/Conférences
 

 

Notre hôpital pour oiseaux et mammifères

 

 

DIVERS

» Qui sommes nous

»

Galerie Photos

»

Stagiaires / Emploi
» Taverne
» Boutique
» Hébergement

»

Newsletter

»

Liens

»

Sponsors
 

Plumes naturalistes ... Automne 2010

Réconciliation

Quand l’automne s’enlise dans la grisaille et que la nuit lui grignote quelques minutes de lumière chaque jour, l’ornithologue en herbe laisse voguer ses rêves secrets vers de lointains ciels plus bleus… vers des vents plus doux et plus chauds… vers des nuages d’oiseaux plus colorés et plus nombreux… Ethiopie… Sénégal… Tanzanie… Ces destinations rivalisent pourtant dans mes pensées avec d’autres aux accents de Grand Nord.

Où est donc passé mon émerveillement d’habitude intact face à l’étang, ses lumières et ses habitants ? Pourquoi le Vivy des Bois a-t-il soudain un petit goût un peu plus fade de déjà vu ou entendu ? Comment raviver sans cesse le regard sur ce qui m’entoure ? Avec les années, les nouvelles rencontres se font plus rares mais les habitués font-ils déjà pour autant partie d’un banal quotidien ? Suis-je tout simplement trop pressée de revoir nos hôtes d’hiver, harles bièvres, harles piettes, pies-grièches grises, cygnes chanteurs et butors étoilés ? Tout me semble tellement plus facile au printemps lorsqu’un nouveau retour ou un nouveau chant ponctue chaque jour !

Au diable bernaches du Canada, ouettes d’Egypte et tadornes casarca ! Pour complètement me séduire, vos grandes envolées claironnantes ne pourront suffire ! Pas plus que cette oie rieuse et les quatre oies cendrées qui suivent intimement vos pas. Le chevalier culblanc, qui hante les berges du déversoir de l’étang, fait lui aussi déjà partie des intimes dont je me contente simplement de vérifier la présence à chaque sortie. Les dizaines de canards, sarcelles d’hiver, milouins, morillons, chipeaux et souchets, mériteraient sans doute bien plus d’attention qu’un simple comptage et quelques chiffres alignés en regard de leur nom. Qu’ils se rassurent… je réserve le même sort aux ramiers, grives litornes et mauvis, qui se perchent en ce moment par dizaines au somment des grands arbres près des étangs de Roly. Quel est donc l’espèce qui pourra à nouveau me faire vibrer ? Quel est l’oiseau qui me fera retrouver l’intensité perdue des sensations, des émotions ?

Au Vivy des Bois, une femelle de busard Saint-Martin s’y est hasardée, me réservant même la première observation de l’automne au-dessus de sa jonchaie préférée. Deux bruants des roseaux ont ensuite pris le relais, m’accompagnant jusqu’à une bien curieuse scène : un geai des chênes harcelant un faucon crécerelle en plein repas… sans toutefois réussir à interrompre le festin de ce dernier.

A Virelles, les érables ont fait le premier pas, libérant à leur pied, pour me plaire, une avalanche de feuilles jaune doré. L’étang m’a envoyé à plusieurs reprises mon canard préféré. Quel étonnant hasard que cette femelle de garrot à œil d’or qui vient à chaque fois, tout juste devant moi, se poser ! Les grandes aigrettes, elles aussi, se sont appliquées, quittant les prairies où elles s’étaient dispersées, pour leur premier grand rassemblement de l’année. Il faudrait être bien mal luné pour ne pas savourer le spectacle offert par ces 39 élégantes qui, devant les roseaux, déambulent à pas comptés ! Puis ce sont canards siffleurs et pilets qui se sont invités. Une nature contrariante et ingrate n’en retiendrait que leur air peu soigné dû à une mue encore inachevée.

Le rougegorge y a aussi mis tout son cœur, laissant s’écouler son chant par tous temps. Ah, celui-là, il sait me faire chavirer ! Je lui suis reconnaissante de chaque note savamment distillée. Chacune des rencontres avec le martin-pêcheur me réjouit tout autant. Je sais guetter son arrivée dès le premier cri aigu intercepté.

Mais c’est de la mangeoire qu’est tout d’abord venu le véritable régal, avec un débordement inouï d’activité. Depuis quelques semaines, mésanges charbonnières, bleues et nonnettes ne cessent d’y affluer. Un ballet rythmé, qui donnerait le tournis même au plus grincheux des ornithos frustrés ! Bien qu’éloignée du parc, une sittelle torchepot l’a élue depuis plusieurs jours comme meilleur garde-manger et ne semble guère s’en éloigner. Les petits grappilleurs s’y bousculent au sol, moineaux, pinsons des arbres, rougegorges et accenteurs mouchets. Le merle noir s’y jette avidement sur des pommes, juste un rien avancées, comme il sait les apprécier.

Puis il y a les réelles surprises, les petits cadeaux que l’on n’attendait pas, comme cette femelle de pinson au petit air plus coloré. Un zeste de fantaisie au cœur de l’automne, qui ne saurait le goûter ? Du jaune pour le bec s’il vous plait ! Une note de rouille sur le manteau pour mieux nous réchauffer et un joli orangé pour la poitrine et les flancs tachetés. Cette femelle de pinson du Nord, je l’autorise encore à me visiter… tout comme ce mâle de fauvette à tête noire, qui sans arrêt vient s’y rassasier. Aura-t-il la bonne idée de venir chez moi hiverner ?

Un pic vert m’invite à la promenade. Il aurait pu m’avertir que la pluie ne saurait tarder… Une silhouette massive, aux ailes trouées de blanc, vient de filer. Mon intuition ne pourrait guère me tromper… J’ai la chance de le revoir au sommet d’un buisson ce grosbec casse-noyaux à l’écharpe grisée. Puis des cris déchirent le ciel, des trompetements puissants et roulés. « Trrou – trrou »… Je ne vois rien… Aurais-je rêvé ? Elles apparaissent enfin, formant un majestueux V. Ce n’est pas si souvent que les grues cendrées survolent le Pays de Chimay !

Sur un fond de ciel qui s’assombrit, onze silhouettes s’enfuient à mon approche. Et voici soudain que les tadornes casarca me semblent bien plus séduisants, tête claire, corps roux flamboyant et ailes teintées de noir et blanc. Il me faut forcer l’allure pour m’abriter au mirador car le ciel se déchire, laissant s’échapper des trombes d’eau. Le vacarme de la pluie devient assourdissant et fouette mon visage. Sur l’« Ile aux lapins », un groupe de vingt-six bécassines poursuit ses activités de bain et de toilettage dans la tourmente, comme si de rien n’était. Certaines se rassemblent tout de même en grappes, à l’abri de la végétation fanée.

Plus près de moi, en lisière de roselière, un grèbe à cou noir plonge sans arrêt, comme pour mieux me contrarier, mais il a l’infinie délicatesse de réapparaître régulièrement et sans s’éloigner. Il me laisse ainsi l’occasion de l’observer à intervalles réguliers, bec gris clair aux reflets d’argent, œil rouge, calotte, nuque et dos sombres, cou et flancs blancs noircis de cendrées. Je ne le sais pas encore mais il sera le compagnon de plusieurs de mes échappées.

Les canards chipeaux se sont rassemblés à l’ouest quand vient l’heure du retour au calme. Par endroits, la lumière crève maintenant les nuages et la pluie commence à se clairsemer, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que le doux clapotis des gouttes que les arbres laissent s’échapper. J’ai la bonne idée de ne pas quitter immédiatement mon refuge. La lumière se fait argentée… Le grèbe à cou noir s’est encore un peu rapproché… Puis une nuée de plus d’un millier d’étourneaux fait son apparition et ondoie au-dessus de la roselière. Ils se dispersent en plusieurs compagnies, s’éloignent et s’entrecroisent pour ensuite mieux se retrouver et plonger au cœur des roseaux.

Je quitte le mirador et tourne le dos à la grande roselière, quand une deuxième bande de sansonnets fait son entrée. La pluie annonce son retour mais me voici bien inspirée de suivre tout de même leur magique envolée. C’est ainsi que je surprends, au-dessus du marais, la silhouette d’un « beau gris » au croupion blanc et aux bouts d’ailes trempés de noir. Je crois rêver… Premier mâle de busard Saint-Martin pour moi à Virelles, après toutes ces années. Je suis sa progression, la vue brouillée par la pluie et les centaines d’étourneaux qu’il ne cesse de croiser. Jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière cette nuée ailée et finisse par s’évaporer.

Quelques instants plus tard, deux nouveaux nuages de sansonnets quittent les prairies voisines de l’étang pour prendre possession d’un chêne et d’un marronnier. Leurs cris envahissent les houppiers, les oiseaux offrant autant de nouvelles feuilles à ces arbres dénudés. Puis ils se soulèvent de concert, me survolent de près, me faisant ainsi partager le bruissement de leurs ailes et l’impressionnante accélération de ce groupe, qui maintenant ne fait plus qu’un. Un véritable souffle… Une dépression… Un appel à l’envol…Quel grand frisson ! Me voici rassurée… Me voici apaisée…Comment aurais-je pu deviner que ce serait l’étourneau, simple petit passereau, qui scellerait ma réconciliation avec l’étang, ses habitants et sans aucun doute aussi… ma réconciliation avec moi-même !

Anne, 10 novembre 2010


Plumes naturalistes...

Fragments de temps …

Ces dernières semaines, l’automne laisse libre cours à tous ses excès, à toutes ses folies, à tous ses caprices. Taquineries, facéties, coquineries, vilénies… Il n’a pas choisi de nous épargner ! Tenterait-il de se doter d’une image plus rude que celle de ces forêts flamboyantes et de ces quelques jours d’été indien, qu’en octobre, il nous avait généreusement distillés ? S’agirait-il de quelques mauvais coups d’un hiver un peu trop pressé ?

A la mi-novembre, à l’heure où l’homme vidange les étangs, l’automne lui envoie cette année, sans parcimonie aucune, la pluie et le vent. Il contrecarre tous ses projets et anéantit d’un claquement de doigts les efforts entrepris depuis longtemps pour évacuer l’eau. Il lui impose la patience et la modestie face aux éléments. L’homme aurait beau trépigner, implorer, se désoler… rien n’y ferait ! Après deux semaines d’une longue attente, le capricieux laisse s’échapper, pour célébrer la Saint André, ses premiers flocons enveloppés d’un souffle de grand froid. Et cette fois, l’homme, qui ne peut plus reporter l’échéance, va montrer de quoi lui aussi peut être capable !

Je les revois sans peine, mes valeureux collègues, plonger dans les eaux gelées de l’étang de la réserve de la Fourchinée. Plus rien ne pouvait les arrêter ! Casser la glace pendant plus d’une demi journée et créer une zone d’eau libre pour pouvoir pêcher… S’envaser, tirer longuement le filet, mains nues dans l’eau, et après tant d’efforts, à la berge, ne rien ramener… S’acharner, recommencer, toujours y retourner et arriver à faire passer le filet sous la couche de glace… Entêtement et ingéniosité ne peuvent que payer… Brochets et grosses carpes se laissent enfin piéger !

Quelques jours plus tard, non content de cette bonne farce, l’automne revient nous taquiner. Il n’y a pas que l’hiver qui puisse amener la neige avec générosité ! Sur les hautes terres, plus de quarante centimètres tombés en une demi journée ! Virelles est, il est vrai, un peu épargné… Voilà ce qui arrive quand on implore le froid de se manifester ! L’ornithologue se réjouit de ces premières températures négatives qui poussent les oiseaux du grand nord à rejoindre nos contrées. Mais ne dit-on pas que l’excès nuit en tout ? Depuis plusieurs semaines, à Virelles, la vie de l’étang s’est figée dans la glace et les oiseaux n’ont pour choix que de partir vers des étendues d’eau plus grandes encore ou de se concentrer autour d’une petite poche d’eau libre que le vent contribue à entretenir consciencieusement.

Une fois Roly et Virelles gelés, les lacs de l’Eau d’Heure, eux, affichent complet. Encore faut-il braver le vent piquant pour aller y observer ! Garrots à œil d’or, harles bièvres, harles piettes, canards siffleurs… c’est là-bas qu’il faut maintenant aller les chercher. Puis il y a les vraies vedettes, découvertes par hasard ou dont la présence a déjà été signalée. Il faut parfois longuement scruter avant de les localiser. Je repense à ce plongeon imbrin facétieux, qui a su se faire désirer. Observé d’assez loin, il met fin à notre première rencontre après quelques secondes seulement et s’arrache lourdement aux eaux de la Plate Taille pour une envolée tout d’abord laborieuse, qui le mènera hors de portée. Impossible ce jour-là de le retrouver !

Une semaine plus tard, il se montre brièvement à une distance raisonnable avant de littéralement s’évaporer sous les yeux médusés de quinze observateurs frigorifiés. Non, nous ne l’avons pas rêvé ! En fin de matinée, je le retrouve dans une anse abritée de la Plate Taille mais ose à peine l’annoncer. Cet oiseau, qui ne cesse de plonger, pourrait-il être issu de mes pensées ? Ou alors un simple grand cormoran qui m’aurait piégée ? Pour ce plongeon imbrin, la farce n’a que trop duré. Il se montre enfin et semble même se rapprocher. Première véritable rencontre pour moi avec cette espèce que j’ai souvent loupée. Bec puissant et front abrupt sont complétés par un demi collier sombre qu’il a passé autour de son cou. Le jeune oiseau arbore aussi un joli manteau écailleux de plumes liserées de clair. Cette fois enfin, les minutes d’observation ne me sont pas comptées !

Parmi les nombreux grèbes huppés, un grèbe jougris se laisse facilement trouver. Son cou plus court, plus épais et orné d’un collier permet de le distinguer aisément de son élégant cousin. Un bec sombre, trempé de jaune à sa base, aide aussi à les différencier. Enfin, parmi les canards, il y a ceux qui incontestablement jouent la carte du « tape à l’œil » comme cet extravagant groupe de nettes rousses. Quel étonnant bec rouge flamboyant pour compléter une grosse tête ronde roux doré !

A Virelles, au même moment, les colverts accueillent dans leurs rangs quelques milouins et morillons, l’une ou l’autre foulque, la visite occasionnelle d’une oie rieuse ou d’une sarcelle d’hiver et l’obstination envers et contre tout d’une grande aigrette et d’un héron cendré. Je me régale de séances d’ornithologie de salon… je devrais plutôt écrire… ornithologie de bureau. Avec le froid et la neige, les oiseaux se rassemblent par dizaines à la mangeoire, tout juste sous mes fenêtres. Il faut dire que la table y est toujours bien garnie… Ils sont parfois soixante ou septante au sol et dans les buissons à multiplier les allers-retours jusqu’au garde-manger. Mon coup de cœur va sans aucun doute aux pinsons du Nord et moineaux friquets, qui jamais ne me visitaient les années précédentes. J’ai aussi de la sympathie pour cette petite mésange noire, qui me fait parfois faux bond pendant quelques jours mais finit à chaque fois par me revenir.

Je profite tout de même presque chaque après-midi d’une balade, souvent plus pour un grand bol d’air que pour l’observation. Juste après la grosse chute de neige, mes pas m’entraînent jusqu’au « sanctuaire » de l’aulnaie marécageuse. Les branchettes sont gainées de blanc et laissent apparaître ça et là leurs fruits, cynorrhodons rouge vif de l’églantier, akènes trilobés du charme ou strobiles de l’aulne glutineux. Les grosses branches, elles, craquent et cèdent parfois sous le poids de l’épais manteau blanc. Je me plais à contempler la ramure de tous ces arbres si joliment décorés.

Avec peine, je pousse la « Porte des marais ». Etonnant bonheur que d’être la première à la franchir. Ainsi donc en deux jours, personne n’est venu en ces lieux demeurés vierges de toute empreinte de pas humain. L’« Allée du Prince » s’est curieusement refermée. Partout, les buissons se sont courbés, affaissés, permettant par endroits à peine de passer. Je me courbe à mon tour, me faufile, m’insinue, pensant à plusieurs reprises qu’il me faudra renoncer. Mais l’envie de poursuivre le chemin est la plus forte, même si à chaque fois que je les bouscule, les buissons se déchargent sur moi de leur garniture enneigée. Je traverse le Pré de Fagne et rejoins le « Bout du Monde », qui n’a sans doute jamais autant mérité que ce jour-là son appellation !

Trois jours plus tard, une promenade sur la rive sud me rappelle qu’une rencontre tout à fait banale peut se transformer en véritable curiosité. Je longe l’étang sous la protection des chênes et des frênes centenaires. Les petits passereaux m’accaparent : grimpereau des jardins, sittelle torchepot, petites troupes bruyantes de mésanges à longue queue… Puis dans cette grisaille, dans ce brouillard qui tombe déjà dès midi, un chant me réchauffe le cœur… celui du rougegorge familier. Je le repère bien haut posté et me rassasie de sa chansonnette vibrée…jusqu’à ce qu’un de ses petits camarades, un empêcheur de tourner en rond, vienne le déloger. Le premier ne s’éloigne que peu, choisit un nouveau poste de chant et reprend de plus belle pour mon grand plaisir. Le second, lui, ne semble guère apprécier. Il ne tarde pas à attaquer. La scène se poursuit ainsi tout autour de moi pendant de longues minutes, un oiseau s’évertuant à chanter et l’autre à l’en empêcher… Bien trop affairés, ils ne s’occupent pas de ma présence, n’hésitant pas à foncer sur moi et à presque me frôler pendant leurs envolées. Je surprends un autre duo qui, non loin de là, se livre à autant de courses poursuites de buissons en petites roselières. Etonnante débauche d’énergie, alors qu’il fait si froid… alors qu’il fait si « faim »…

Puis il y a cet après-midi où, en pleine tempête de neige, après avoir « pris les présences » chez les colverts, je m’amuse à « taquiner les laridés ». Ils s’abattent groupe après groupe sur l’étang, avant de se remettre en route pour leur dortoir. Majoritairement des goélands bruns mais aussi, en moindre proportion, des argentés. L’averse s’intensifie, les flocons s’insinuent partout et brouillent l’observation. Quelques goélands leucophées… Des mouettes rieuses… et la découverte de quelques goélands cendrés, qui réussissent si souvent à m’échapper. Voilà qui m’incite à continuer à chercher… Ça me fait soudain rire… par un temps pareil, faut être complètement givré !

Et c’est le retour à l’ornithologie de bureau ! Une buse affamée en vol du Saint Esprit… Un pic mar qui inspecte minutieusement le tronc d’un vieux chêne… Un milan royal en passage alors que je suis en pleine communication téléphonique… Quelques nuages de tarins des aulnes… Puis le retour sur le terrain pour une courte balade ensoleillée. Le traditionnel coup d’œil sur les colverts, avec parmi eux, posée sur la glace, une femelle de harle bièvre. Elle quitte le repos pour une séance de pêche mais a sans doute les yeux plus grands… que le bec ! Très rapidement elle capture un gros gardon mais il lui est impossible de l’avaler. Elle le retourne, le laisse s’échapper, plonge pour le récupérer, essaie de l’enfourner à nouveau. Rien n’y fait… Elle le perd à plusieurs reprises et le repêche de plus belle. Combien de temps ce petit manège va-t-il durer ? J’ai compris bien avant elle ce qui allait se passer. L’air de rien, en quelques coups de pieds palmés, une silhouette noire, jusque là postée au pied de l’île, s’approche de la rouquine ébouriffée. Elle laisse à nouveau filer sa proie mais ce sera la dernière fois… Il n’a pas fallu deux secondes pour que ce grand cormoran vienne la lui chaparder et l’engouffrer de si tôt. Je l’ai sentie comme un peu vexée…

Et voilà que j’allais oublier, à la nuit à peine tombée, ce carrousel étourdissant de cinq ou six hiboux moyens-ducs virevoltant autour de la voiture, puis se posant sur des piquets… Sous leurs ailes en vol, quelle blancheur presque immaculée ! Mais aussi cette pie-grièche grise découverte par hasard au sommet d’un buisson alors que je suivais du regard le passage d’un pic non identifié… Ou encore cette rencontré ratée avec une buse pattue qui a brièvement fait halte au Vivy des Bois… Les voici maintenant couchés sur le papier, tous ces petits fragments de temps, qui sans cela, auraient peut-être à jamais disparu…

Anne,

18 décembre 2010

Plumes naturalistes...
 

 

Site Created by: AGILOG

Electrabel est le sponsor principal de l’Aquascope Virelles

©2006 Virelles Nature Asbl