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Plumes naturalistes ... Les archives de l'automne 2009

N’est pas balbuzard qui veut…

Virelles. Cette fin septembre nous offre un dernier petit goût d’été tellement apprécié de tous ! Sous un ciel d’un bleu légèrement voilé, les grenouilles vertes se rassemblent en cercles autour des mares pour profiter de la douce chaleur de ce début d’après-midi. Un bain de soleil interrompu par mon arrivée, qui provoque leur plongeon synchronisé ! Des libellules de toutes couleurs filent à pleine vitesse en tous sens, louvoyant habilement entre les hautes herbes qui bordent l’étang. Certaines sont encore observées en duo…

Mais pourtant l’automne frappe bien à notre porte, de nombreux indices confirment sa venue. Les piaillements incessants des vanneaux huppés animent l’Ile aux lapins et dans le parc, les cris maladroits des grimpereaux des jardins ne cèdent que rarement la place à leur chant complet. Les arbres et arbustes ont commencé la distribution des teintes de l’automne : rouge flamboyant pour la viorne, le fusain et le cornouiller… Jaune d’or pour l’érable… Les chênes de la forêt de Fagne hésitent encore entre le vert et le roux orangé… Sur l’île au milieu de l’étang, les arbres n’ont pas eu leur mot à dire. Les nombreux grands cormorans ont choisi pour eux le blanc uniforme de leurs fientes mêlé au noir de leurs silhouettes.

Les plages de vase dégarnies et les grandes aigrettes qui s’y bousculent confirment également la fin de l’été. Enfin, le brouillard joue depuis quelques jours les lève-tard. Ce matin, impossible d’apercevoir l’étang avant 11 heures, au grand dam des trois photographes arrivés dès l’aube.

Je jette un coup d’œil distrait vers le ciel et aperçois immédiatement le pêcheur masqué. Je l’ai laissé venir à moi sachant qu’inévitablement, il finirait par se présenter. L’oiseau se déplace en vol battu, en direction de la grande roselière, inspectant attentivement la surface de l’eau d’assez haut. Il perd de l’altitude, me laissant espérer un plongeon, puis reprend de la hauteur. Il entame une longue série d’allers-retours au-dessus de l’étang puis choisit de cercler, économisant ainsi une précieuse énergie. Seuls quelques rares battements d’ailes viennent dynamiser ça et là ce long vol plané en lui faisant gagner à chaque fois de la vitesse.

Le balbuzard pique soudain, replie les ailes le long du corps et fend la surface de l’eau dans un grand éclaboussement. Il réapparaît brièvement, posé sur les flots, et s’arrache vers le ciel, poisson dans les serres. Un vrai champion, qui a fait mouche du premier coup ! Le rapace, à la livrée brune et blanche, peine à reprendre de la hauteur et rame à grands coups d’ailes. Il s’ébroue vigoureusement en vol, se délestant ainsi des gouttelettes qui alourdissent son plumage. Contrairement à nombreux de ses semblables, il choisit directement le perchoir le plus proche pour s’attabler, un arbre mort dans la grande roselière. Après la pêche, il est fréquent de les voir hésiter longuement avant de se poser. La semaine dernière, j’ai même vu l’un d’eux s’aventurer dans une vertigineuse ascendance, poisson dans les serres.

Mon roi de la pêche, tout ébouriffé, se fait longuement sécher, ailes légèrement entrouvertes et écartées du corps. Pendant ce temps, le martin-pêcheur me gratifie de quelques passages, me prévenant à chaque fois de son arrivée par quelques avertissements aigus. Au loin, j’entends aussi le pic noir et les geais des chênes, qui doivent se réjouir d’une glandée particulièrement abondante.

Un vent de panique sème soudain le désordre au sein de la compagnie de vanneaux. Tous s’envolent formant un seul nuage dont les cris apeurés me font brusquement lever les yeux de mon carnet. Une telle alerte trompe rarement… Un épervier d’Europe s’est invité chez eux. Il vole rapidement parmi le groupe puis s’en éloigne en alternant séries de coups d’ailes et petits planés. Plus de peur que de mal cette fois !

Après une longue pause apéritive, l’aigle pêcheur entame son repas et poursuit par une séance de toilettage. Sur les arbres morts du « Bout du monde », le deuxième de ce nom, un second individu, encore un peu mouillé fait de même. Depuis une dizaine de jours, l’attention de tous est focalisée sur l’incroyable spectacle des balbuzards. Jusqu’à neuf individus observés en même temps !

Mais en ce moment, l’étang est également riche en autres visiteurs. Une cinquantaine de grandes aigrettes arpentent les rives à la recherche de menu fretin, de « fouchin », comme on l’appelle à Virelles. Ne me demandez pas l’origine de ce curieux mot, qui n’est sans doute employé nulle part ailleurs. Une appellation… et une espèce de gardon endémiques ??? Les canards rivalisent entre eux, certains arborant fièrement leur plumage tout frais alors que d’autres sont encore en éclipse. En cherchant bien, on y trouve parmi colverts, sarcelles et fuligules, quelques canards siffleurs, pilets et chipeaux. Les souchets sont au moins quelques dizaines, pas toujours faciles à repérer à l’heure de la sieste bec dans les plumes. Parmi tout ce petit monde, une nette rousse se mélange aux autres plongeurs, effectuant comme eux de petits bonds avant de disparaître sous la surface de l’eau. Calotte et dos d’un brun chaud, contrastant avec la joue crème. Bec bicolore, à la base sombre et à la pointe orangée. Une femelle, sans aucun doute…

Une minutieuse inspection de la moindre plage de vase réserve régulièrement de bonnes surprises. Je n’ai pas la chance de surprendre aujourd’hui l’une des dernières marouettes ponctuées de la saison mais en y regardant bien, je découvre quelques bécassines des marais parfaitement mimétiques à l’exception de leurs bretelles dorées. Sur la rive opposée, deux petits limicoles font les cents pas. Deux frères jumeaux en quête d’identité… Le premier arbore un joli plumage liseré de clair alors que le second s’est déjà paré de gris sur le dos. Ces deux bécasseaux variables ne font en rien mentir leur nom ! Les vasières accueillent encore quelques bergeronnettes printanières, chevaliers guignettes et culblancs. Bientôt viendra l’heure des pipits spioncelles…

Une grande silhouette me fait lever les yeux. N’est pas balbuzard qui veut… Une simple, pour ne pas dire « bête », buse variable. Coup d’œil sur le ciel à l’est… Une autre buse…mais aussi un pêcheur masqué ! L’oiseau prend la direction du déversoir de l’étang et risque fort de se livrer à ses acrobaties aériennes à l’abri de mon regard. Il disparaît de ma vue un bref instant avant de regagner le milieu du plan d’eau. Il traverse l’étang dans toute sa longueur pour venir pêcher à l’ouest, sous mes yeux. Technique toute différente pour ce fervent adepte du vol du Saint Esprit. Je remarque chez cet oiseau un liseré clair bordant les couvertures sus-alaires alors que la bande sombre du dessous de l’aile est nettement diffuse. Le sommet de sa tête n’est pas d’un blanc parfait. Un juvénile…

A trois reprises, il s’abat vers la surface de l’eau, interrompant brusquement son piqué pour repartir à la verticale. Un as incontesté de la haute voltige ! Sa première tentative de pêche infructueuse est directement suivie par une deuxième. Et cette fois, c’est gagné ! Le jeune champion continue à me régaler de ses exploits après s’être ébroué en vol, comme il se doit. Il tournoie longuement à hauteur du mirador puis survole la passerelle sur laquelle je me suis perchée. Le voici trop près que pour le suivre à la longue-vue ! Il file ensuite vers l’est, son point de départ.

Un second juvénile prend le relais. Enfin, je le crois un instant… Il s’agit en fait du même oiseau. Aurait-il égaré sa proie ? Ou a-t-il été victime de chapardage ? Il entame à nouveau une interminable prospection aérienne en combinant toutes les astuces de vol. Après un premier échec, il poursuit ses recherches et disparaît après de longues minutes à la queue de l’étang. Je ne connaîtrai pas le résultat de cette deuxième expédition… Je le retrouve peu après, en fin de promenade, perché dans les arbres de la rive sud-est. Et voilà qu’il s’élance à nouveau, prospectant près du déversoir le territoire de chasse favori d’un martin-pêcheur. Je le suis avec plaisir et lui laisse ensuite faire chemin vers l’ouest…

Tant que les balbuzards seront omniprésents, il sera bien difficile d’accorder beaucoup d’attention aux autres oiseaux d’eau. Je pense en ce moment aux photographes rencontrés ces derniers jours… Louis, Luc, Pierre, Rüdiger… Pour moi aussi, ces instants magiques resteront à jamais immortalisés… mais dans les mots… et dans le cœur !

Anne

A Ulysse, qui au terme de son premier voyage, est né ce matin, dans la clarté de l’aube…
28 septembre 2009

Grande marée d’automne…

Virelles, fin octobre 2009. Comme partout ailleurs, la vie de l’étang s’écoule paisiblement au fil des saisons… Mais un autre événement rythme ici le temps selon un cycle de trois ans… une « grande marée » d’après équinoxe, qui va bientôt mettre le paysage à nu ! Depuis quelques jours, l’eau tire lentement sa révérence, poursuivant sa course dans l’Eau Blanche tout en laissant apparaître de vastes ceintures de vase au pied des roselières. Les oiseaux sentent instinctivement qu’ils seront de la fête… Les hommes, eux, en ont la certitude !

Pour les petits nouveaux, la curiosité se mêle intimement à une certaine inquiétude. Les récits des grandes pêches au filet alimentent sans peine leur imaginaire ! La difficulté de progresser dans la vase les inquiète… L’eau et le froid… Les bassines débordant de poissons… Au contraire, les yeux des « anciens » brillent d’une lueur magique à l’approche de la vidange de l’étang. Les préparatifs vont bon train et les souvenirs reviennent à nos mémoires. Pour moi, la dixième édition, déjà !

Souvenirs d’un paysage énigmatique, où l’eau fait progressivement place à la boue… Un paysage rehaussé par la chaleur des couleurs automnales de la forêt de Fagne... Images d’un chenal de vidange qui serpente dans la vase et se marque un peu plus chaque jour en évacuant l’eau de l’étang… Envols de centaines d’oiseaux gris et blancs, étincelants au soleil, qui profitent l’espace d’un instant de ce garde-manger si facile d’accès… Impressions de journées plus fantomatiques dans le brouillard de novembre… Sans oublier les hommes, qui chaque jour s’engluent jusqu’à la taille, fournissant des efforts démesurés pour se déplacer dans cet élément semi liquide qui ne cherche qu’à les engloutir…

Le décor sonore me revient également avec ce bruit assourdissant de la cavalcade de l’eau qui s’engouffre à vive allure dans les moines, véritables « bouchons » de l’étang… Crépitement du bois dans les braseros où nous tentons de nous réchauffer… Franche camaraderie entre les pêcheurs, n’empêchant pas l’un ou l’autre coup de gueule bien vite oublié et dont ils riront le lendemain… Encouragements et conseils plus ou moins judicieux des spectateurs pendant les coups de filet… Agitation fébrile chez les acheteurs, qui se bousculent les grands jours d’affluence pour acquérir « leur » brochet…

Aux images et aux sons se superposent les odeurs… Celle de l’énorme casserole de soupe qui frémit au coin du feu… Celle de la vase imprégnant durablement mains et vêtements… Celle du poisson d’eau douce, que l’on finit par ne plus sentir et qui n’est pas prête de nous quitter… Il y a aussi ces paillettes, petites écailles de poissons, qui perlent dans nos cheveux ou nous collent à la peau…

Les « anciens » ne peuvent s’empêcher d’évoquer avec nostalgie les vidanges de leurs vingt ans, celles où ils partageaient l’aventure trois ou quatre semaines durant, prolongeant sans limite la journée et refaisant le monde autour de quelques breuvages régionaux. Je me souviens encore du bâtiment de l’ancienne forge, qui accueillait sans façons notre grande tablée pour des soirées passées au coin du feu à réparer les filets tout en partageant d’innombrables anecdotes. Comment ne pas rire gentiment des déboires de certains pêcheurs, englués dès les premiers pas ou bloqués, à bout de souffle, au milieu du plan d’eau ? Qui se souvient de cette année où l’étang s’est soudain rempli en quarante-huit heures, interrompant ainsi la pêche pour deux semaines et nous amenant presque jusqu’à Noël ? Ou encore de cette vidange où la quasi-totalité du poisson s’est réfugiée dans le Ry Nicolas, hors de portée de nos filets ? Je revois aussi sans peine la vieille cheminée au plâtras écaillé. Une cheminée barrée par une corde à linge prête à rompre, où s’entassaient jusqu’au lendemain les pull-overs aux manches détrempées…

Les années ont passé et les vidanges se sont succédées. Maintenant, nos enfants nous y accompagnent, pataugeant avec joie dans la boue, grimpant fièrement sur le tracteur ou triant le petit poisson. Encore quelques jours de patience et nous y serons… Plus que quelques fois dormir…

Les oiseaux, eux, n’ont pas attendu la date officielle du premier coup de filet pour s’inviter au grand festin. La flaque d’eau est encore très étendue mais bien peu profonde. Les plages en pentes douces permettent aux grands échassiers de s’aventurer vers le centre de l’étang et de déambuler, ventre au ras de l’eau, en de nombreux endroits d’habitude inaccessibles. Les grandes aigrettes sont bien plus nombreuses que les hérons cendrés, avec quatre-vingts individus comptés il y a peu. En ces temps d’abondance, ils ne doivent guère se poser de questions avant de fendre du bec la surface de l’eau. Bien maladroit celui qui, dans de telles conditions, ne fait pas mouche au premier coup ! D’autres amateurs de poissons l’ont aussi compris. Grèbes huppés et grands cormorans participent également au repas. J’aperçois enfin ma première femelle de Garrot de l’automne, entre deux plongeons.

Les berges ensoleillées de la rive nord prennent l’allure d’un « Virelles-Plage » populaire où l’on se bouscule à l’heure de la sieste. Les vanneaux huppés ont tout l’air d’y avoir été désignés pour l’animation musicale. Ce tintamarre ne semble troubler en rien le repos des colverts, souchets et sarcelles d’été… pas plus que cet étang qui change de visage et qu’ils ne reconnaîtront pas d’ici quelques jours. Le rougegorge, lui, n’a cure de tous ces bouleversements… il peut se permettre de chanter le cœur léger !

Anne
 

Voleur… de couleurs !

Virelles, jeudi 5 novembre. Depuis l’aube, une pluie continue tente en vain de faire gonfler le niveau de l’étang. Pourtant la grande flaque résiduelle s’agrandit à peine car les deux moines évacuent de grosses quantités d’eau vers la rivière. Une partie de bras de fer vient donc de débuter… La grisaille ambiante ne m’incite pas à sortir… bien que j’en meure d’envie depuis le petit matin ! Les heures s’égrènent lentement sous une pluie incessante. Déjà 14h30, il est plus que temps d’y aller…

Un ciel de plomb semble avoir volé les couleurs du décor, ne laissant que le noir et le blanc sur un étang presque vide, aux reflets d’argent. Même palette de coloris chez les oiseaux aquatiques, qui déclinent presque tous leurs plumages de l’ébène à l’ivoire : grands cormorans, cygne noir, foulques macroules, goélands bruns et argentés, mouettes rieuses, grandes aigrettes et cygnes tuberculés. Les autres, les colorés, révèlent seulement leurs silhouettes dans des tons sépia parfaitement assortis aux roseaux, à la boue et aux chênes de la Fagne, brusquement dénudés par la pluie et le vent de ces dernières heures.

Une petite trouée de bleu ouvre soudain le ciel, laissant s’échapper quelques rayons de lumière. Une anse abritée de l’Ile aux lapins attire à cet instant mon regard. De simples gros cailloux émergeant des flaques d’eau ? Ou d’énormes anodontes échoués sur la vase ? Rien de tel ! L’étang reprend possession des teintes fauves avec ce groupe de vingt-trois bécassines des marais. Ces élégantes demoiselles pataugent joyeusement, ventre au ras de l’eau. Elles sondent inlassablement la vase de leur interminable bec. L’étang partiellement vidé représente pour elles une manne providentielle !

L’éclaircie essaie de s’imposer, illuminant d’un même éclat doré roseaux, arbres et oiseaux. Je repère maintenant sans peine canards colverts, souchets, pilets, chipeaux, sarcelles et fuligules. La marée basse attire des centaines d’oiseaux ! Le soleil, encouragé par les vocalises du rougegorge, réchauffe le paysage un bref instant. Un colvert, inspiré par cette courte trêve, couvre sa compagne, tenant fermement du bec les plumes de son cou. Il la quitte rapidement et s’ébroue pendant que celle-ci se refait une beauté…

Le ciel s’obscurcit brusquement tout en laissant tomber sur l’étang des hordes de bombardiers volants. Après quelques vertigineux piqués, mouettes et goélands se posent pour la nuit à la surface de l’eau, en poussant des cris arrogants. Les voici maintenant par centaines ! De la terre jusqu’au ciel, une victoire certaine du gris et du blanc… Le voleur de couleurs viendrait-il à nouveau de passer ?

Anne

Plumes naturalistes...
 

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